Le Centre culturel de Grand-Bassam a servi de cadre, le 11 juillet, au lancement officiel de la 6ᵉ édition du Festival gastronomique N’Zima. Prévu du 6 au 9 août 2026 au Palais royal de Grand-Bassam, l’événement réunira plus de 2 000 festivaliers autour de la richesse culinaire du peuple N’Zima Kotoko, avec pour ambition de préserver, transmettre et promouvoir un patrimoine gastronomique ancestral.
À l’origine de cette initiative, un constat préoccupant : la disparition progressive des mets traditionnels. Le commissaire général du festival, Kacou Adjehi, a expliqué que cette manifestation est née de la volonté de redonner toute leur place aux recettes anciennes, aujourd’hui menacées par l’évolution des habitudes alimentaires. Pour cette nouvelle édition, il annonce plusieurs innovations, notamment la participation des communautés Attié et Baoulé établies à Grand-Bassam, qui viendront présenter leurs spécialités culinaires. Le programme prévoit également un concours culinaire, des expositions, des séances de dégustation ainsi qu’un bal populaire qui animera les festivaliers durant trois jours.
Au-delà de son aspect festif, le rendez-vous s’inscrit dans une stratégie de valorisation touristique de la ville historique. Kanona Djama Christophe, chef de service à la direction de la Planification du tourisme et des loisirs de Grand-Bassam, a rappelé que la gastronomie constitue un pilier essentiel de l’attractivité d’une destination. Selon lui, les visiteurs ne viennent pas seulement admirer les monuments ou les bâtiments classés, mais recherchent également des expériences culinaires authentiques. Il a ainsi invité les populations et les touristes à converger vers Grand-Bassam afin de découvrir les richesses culturelles et gastronomiques de la cité.
La dimension patrimoniale du festival a également été au cœur des échanges. Intervenant sur le thème de l’importance de la gastronomie N’Zima dans le patrimoine culturel de Bassam, Astou Traoré, présidente de l’association Shaïn’Afrika, a insisté sur la nécessité de préserver l’authenticité des mets traditionnels. Elle a regretté que plusieurs recettes originelles disparaissent progressivement au profit de plats plus répandus, estimant qu’il est indispensable de transmettre ce savoir-faire aux jeunes générations et de créer des espaces où les visiteurs pourront découvrir une gastronomie N’Zima fidèle à ses traditions.
Plus qu’un simple festival culinaire, cette 6ᵉ édition se présente comme un véritable engagement en faveur de la sauvegarde d’un héritage culturel. À travers la préservation des recettes ancestrales, la transmission des connaissances et la promotion de l’identité N’Zima, Grand-Bassam entend rappeler qu’un peuple qui conserve sa cuisine préserve également son histoire.











