FIFA : Gianni Infantino au bord de la chute après le rejet de son projet
Longtemps considéré comme le grand favori à sa propre succession à la tête de la FIFA, Gianni Infantino traverse aujourd’hui l’une des plus graves crises de sa gouvernance. Son projet de création de FIFA Forward Enterprise (FFE), une structure commerciale destinée à attirer des investisseurs privés afin de générer près de 20 milliards de dollars, a provoqué une vive contestation au sein de l’instance mondiale du football.
Présenté comme un mécanisme capable d’accroître les ressources financières des fédérations nationales, le projet promettait notamment une redistribution estimée à 40 millions de dollars par association sur le prochain cycle de quatre ans. Mais l’initiative, élaborée sans véritable concertation avec plusieurs dirigeants influents de la FIFA, a rapidement suscité de fortes critiques. Même des responsables occupant des postes stratégiques au sein de l’organisation n’auraient pas été associés à son élaboration.
Face à cette méthode jugée trop centralisée, plusieurs confédérations ont uni leurs forces pour s’opposer au projet. L’UEFA a ouvert la fronde, rapidement rejointe par la Concacaf et la Confédération asiatique, tandis que la Conmebol, pourtant réputée proche du président de la FIFA, a également exprimé ses réserves. Devant une majorité annoncée de fédérations opposées à la création de FFE, la FIFA a finalement renoncé à son initiative.
Ce revers intervient à moins d’un an du congrès électif prévu le 18 mars 2027 à Rabat, où Gianni Infantino espérait briguer un nouveau mandat. Ce qui apparaissait encore récemment comme une formalité est désormais devenu une bataille politique incertaine.
Fort de cette victoire, le camp européen entend désormais aller plus loin. L’UEFA estime que cette séquence a profondément entamé la crédibilité de la gouvernance de la FIFA et plaide pour un changement de leadership. Selon plusieurs médias britanniques, l’instance européenne envisage même une procédure pouvant conduire à une motion de défiance contre Gianni Infantino si celui-ci refuse de quitter ses fonctions. Une telle initiative nécessiterait toutefois le soutien d’au moins 43 des 211 fédérations membres, un objectif qui semble désormais à la portée de ses opposants.
Cette crise marque un tournant majeur pour la FIFA et place plus que jamais l’avenir de Gianni Infantino à la tête du football mondial sous une forte incertitude.