Amoussan Lazare Ahoule se retire de la présidentielle de 2025 et met en cause les règles du jeu démocratique
La scène politique ivoirienne vient de connaître un tournant majeur avec l’annonce du retrait d’Amoussan Lazare Ahoule de la course à l’élection présidentielle de 2025. L’information a été rendue publique lors d’une conférence de presse tenue récemment à Yopougon, au cours de laquelle le président du Bloc Politique FUCI, coalition regroupant le RNDCI, le RPS, l’UPID et le RDPI, a expliqué les raisons de sa décision.
Pour le leader politique, il ne s’agit pas d’un simple choix personnel mais d’un acte de principe face à ce qu’il considère comme des conditions électorales injustes et discriminatoires. Selon lui, les règles fixées par la Commission Électorale Indépendante, loin de favoriser l’égalité des chances, constituent des barrières qui excluent de nombreux candidats issus de formations modestes.
Deux dispositions en particulier concentrent ses critiques : l’exigence du parrainage citoyen et la caution fixée à 50 millions de FCFA. À ses yeux, ces contraintes sont disproportionnées et ne laissent pratiquement aucune marge aux partis émergents. Le parrainage, qui impose de recueillir au moins 1 % de l’électorat dans la moitié des régions et districts du pays, apparaît comme une entreprise quasi impossible sans moyens financiers et logistiques conséquents. Quant à la caution, elle représente un filtre que peu d’acteurs politiques peuvent franchir.
En renonçant à briguer la magistrature suprême, Amoussan Lazare Ahoule entend attirer l’attention sur le danger d’une démocratie réservée aux plus puissants. Il insiste sur le fait que le jeu politique doit rester ouvert à toutes les sensibilités, indépendamment des ressources économiques.
Dans un esprit d’apaisement, le président du FUCI a proposé trois pistes pour restaurer la confiance électorale : la suppression du parrainage et de la caution, l’instauration d’un dialogue politique inclusif et la garantie d’une élection véritablement ouverte à tout citoyen désireux de servir la nation. Ces recommandations traduisent sa volonté de voir émerger un cadre électoral plus transparent, plus équitable et surtout plus représentatif des réalités sociales du pays.
Cette prise de position, prononcée à quelques mois de l’échéance présidentielle, relance le débat sur l’équité du processus électoral en Côte d’Ivoire. Elle interpelle directement les institutions et la classe politique sur la nécessité d’une refonte profonde des mécanismes de participation, afin que la démocratie ivoirienne ne soit pas seulement un principe théorique, mais une réalité vécue par l’ensemble des citoyens.