La 14e édition du Marché des Arts et du Spectacle Africain s’est ouverte le samedi 11 avril 2026 à Abidjan dans une atmosphère d’une rare intensité. Sur l’esplanade du Palais de la Culture Bernard Dadié à Treichville, le lancement officiel a pris des allures de célébration populaire, mêlant création artistique, diversité culturelle et forte mobilisation institutionnelle. Dès les premières séquences, le ton a été donné avec un spectacle immersif où sons, lumières et couleurs ont fusionné pour captiver un public composé de personnalités politiques, d’acteurs culturels et de nombreux festivaliers.
La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre Robert Beugré Mambé, représentant le président de la République Alassane Ouattara, marquant ainsi l’importance accordée à cet événement majeur du calendrier culturel africain. Cette ouverture solennelle a rapidement laissé place à une fresque artistique d’envergure, conçue par le chorégraphe Georges Momboye. Portée par le Ballet national de Côte d’Ivoire, la création a su conjuguer tradition et modernité avec une remarquable fluidité.
Le spectacle a traversé plusieurs registres artistiques, du conte à la danse contemporaine, en passant par le théâtre et les performances acrobatiques. Près de 400 danseurs ont occupé la scène dans une chorégraphie millimétrée, vêtus de costumes aux couleurs éclatantes. La scénographie, résolument moderne, reposait sur des écrans géants et des structures visuelles inspirées de figures géométriques, offrant un rendu esthétique à la fois innovant et accessible. Ce dispositif a permis de valoriser chaque tableau artistique tout en maintenant une cohérence visuelle forte.
Les pays invités d’honneur, le Maroc et le Brésil, ont également marqué cette soirée inaugurale par des prestations de haut niveau. Les artistes marocains ont, quant à eux, proposé une immersion sonore à travers des percussions puissantes accompagnées de chants traditionnels, renforçant l’ouverture internationale de l’événement.
Au-delà de la dimension spectaculaire, cette édition 2026 du MASA s’inscrit dans une dynamique de relance et de structuration des industries culturelles. Lors de l’ouverture officielle, le chef du gouvernement a mis en avant le rôle stratégique du MASA dans la promotion des talents et dans la consolidation de l’économie culturelle, soulignant son potentiel en matière de création de richesse et de cohésion sociale. L’événement apparaît ainsi comme une plateforme essentielle de rencontres et d’échanges entre créateurs venus de divers horizons.
Intervenant à distance, la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, a souligné l’importance de l’art comme vecteur de dialogue et d’innovation. Elle a insisté sur la nécessité d’accompagner les jeunes créateurs face aux mutations technologiques, afin de leur permettre de s’inscrire pleinement dans les dynamiques contemporaines.
Dans la même dynamique, la ministre ivoirienne de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a salué la tenue de cette nouvelle édition, mettant en avant son importance dans la valorisation du patrimoine artistique national et dans le rayonnement culturel du pays. Elle a rappelé que le MASA constitue un levier stratégique pour renforcer la visibilité des artistes africains sur la scène internationale.
Placée sous le thème des arts du spectacle comme outils d’intégration économique et sociale, cette édition se veut ambitieuse et structurante. La conférence inaugurale organisée à l’Université Félix Houphouët-Boigny a déjà ouvert des pistes de réflexion sur le rôle des arts dans le développement. Les échanges ont mis en avant la nécessité de considérer la culture comme un moteur de transformation durable.
À Abidjan, le MASA 2026 s’annonce ainsi comme un rendez-vous majeur où se dessinent les contours d’une Afrique créative, innovante et résolument tournée vers l’avenir.






