Mariam Dicoh : la Première femme chimiste de la Côte d’Ivoire s’éteint à 80 ans

Mariam Dicoh

La nouvelle du décès de Mariam Dicoh épouse Konan, survenu ce mercredi 5 juin 2024 à l’âge de 80 ans, a suscité une onde de choc parmi ceux qui connaissaient son histoire remarquable.

Première femme chimiste de Côte d’Ivoire, son héritage dépasse largement les frontières de son pays, comme en témoigne sa silhouette immortalisée sur la pièce de 25 francs CFA, arborant fièrement une burette de chimiste.

Revenons sur l’histoire captivante de cette pionnière. En 2015, lors d’une interview, Mariam Dicoh révélait humblement que son parcours extraordinaire était en grande partie le fruit du hasard. Alors qu’elle travaillait dans son laboratoire chez Shell, un ami du nom de Konan Yao, étudiant en arts et métiers dans le même lycée, lui rendit visite par simple courtoisie.

Durant cette visite, Konan Yao, pris d’une envie spontanée de capturer l’ambiance du laboratoire, prit quelques clichés. Parmi ceux-ci, un cliché particulier, celui de la pièce de monnaie sur laquelle Mariam Dicoh était en train de travailler, finit par atterrir dans une revue ivoirienne intitulée “10 ans de progrès après l’indépendance”, grâce à un enchaînement de circonstances fortuites.

Le destin semblait alors s’amuser à tisser les fils de son histoire, car cette même revue finit par se retrouver entre les mains de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest. Quelques années plus tard, un ancien camarade de classe de Mariam, Leonard Kalmogo, alors Ministre des Finances de ce qui était alors la Haute-Volta, aujourd’hui Burkina Faso, fit une découverte surprenante.

En découvrant la pièce de 25 francs CFA, Leonard Kalmogo fut frappé par la silhouette familière qui ornait l’avers de la pièce. C’est ainsi qu’il prit contact avec Mariam Dicoh pour lui annoncer la nouvelle extraordinaire : sa photo était désormais immortalisée sur la monnaie nationale.

Ce moment marqua un tournant dans la vie de Mariam Dicoh. Non seulement elle devint une figure emblématique de la chimie en Côte d’Ivoire, mais elle devint également une source d’inspiration pour de nombreuses jeunes filles aspirant à une carrière scientifique. Son histoire témoigne de la manière dont le hasard et les rencontres fortuites peuvent façonner le cours de nos vies de manière inattendue, ouvrant des portes insoupçonnées vers des horizons nouveaux et inexplorés.

Mariam Dicoh Konan laisse derrière elle un héritage indélébile, un témoignage vibrant de courage, de détermination et de persévérance. Sa contribution à la promotion des sciences en Afrique de l’Ouest restera gravée dans les mémoires, inspirant les générations futures à poursuivre leurs rêves, quelles que soient les difficultés rencontrées sur leur chemin. En cette journée où nous prenons conscience de sa disparition, honorons sa mémoire en célébrant sa vie exceptionnelle et en perpétuant son héritage pour les générations à venir.

Romuald Angora

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